Pardon
Quelle joie
De vivre.
Oui…
Pardon, mille fois.
Je ne voulais plus voir
Quelque fois c’est ce qui semblait le plus naturel, le plus facile. Vraiment. Je le faisais d’instinct.
Être triste. D’une certaine façon en perdant je retrouvais la vie. C’est une vérité que tout le monde connaît
en pensant la mort comme un retour.

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On a pour se saisir
la seule douleur possible : celle de retrouver un corps
en la gravité. On a pour s’envoler
seul l’innocent oubli de heurter
l’innocence de chuter… Et
dire que la santé
est l’ignorance de ce fait,
l’ignorance infini de la proximité.
Une masse informe, noire,
nous tenant dans le concret.

Il faut savoir et se rappeler comment l’esprit n’est qu’une sorte d’intelligence que l’on peut perdre au premier accident.
Personne ne connait un visage… J’en ai fait l’expérience hier, la dernière fois que j’ai vu F. au café : son effroi quand il ne m’a pas reconnu, quand j’étais pourtant le même, inchangé, si ce n’est le temps que l’on aurait pu imaginer sur les golfes du crâne.
Il avait senti l’âme fêlée. Au moins ceci existait et perdurait dans l’incendie
Quelque chose continue d’être appelé.
Je suis rassuré. Si j’étais juge, devant la réalité, j’étais mauvais. Je peux m’en aller
parmi les restes et poussières
comme une feuille humide sur laquelle
la pluie glisse sans donner l’impression d’être rejetée.

Nous n’avions jamais parlé d’amour
Nous n’avions jamais parlé de nous
mais toujours cette ombre
où nous nous retrouvions
et nous enlacions
pour n’avouer que notre tendresse
pour tout
du monde
et surtout
pour notre frousse de ne jamais être assez aimé
Nous n’avions jamais parlé de cela
car l’essentiel était déjà
j’étais là dans cette chambre
elle était là
sur mon bras
Nous ne parlions
Nous ne bougions
même un doigt
Nous tremblions
quand nous nous respirions.

Cette nuit, c’est terrible. Non, c’est ma vérité. J’ai oublié
Toute la nuit ce paysage caché
en mon sommeil. Le sentiment pur
d’une soudaine pensée

Ce que savait seul retrouver l’enfant
Je m’en souviendrais
Tremblant
Toutes les nuits
Comme ce besoin irrépressible
de me retirer
où s’en va le temps