Dessus – Dessous

Petit documentaire réalisé sur une communauté issue d’un forum internet

 

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10h50. Un sans abri me fait un signe de la main pour que je m’arrête, ce que je fais, en murmurant avec un peu de honte que je n’ai pas de monnaie, c’est à dire que je préfère la garder pour m’acheter un sandwich ce midi. Il continue de parler. Je comprends qu’il ne veut pas de monnaie, deuxième honte… Je retire mieux mes écouteurs pour l’entendre. Soudain, il me prend la main. Tout son corps tremble. Le cerveau a l’air cramé ; la main continue de trembler et des syllabes se répètent comme une prière d’une langue ancienne que je ne comprends pas. Les minutes passent. La main tremble. Après ce qui m’a semblé être 10 minutes, je dis : « Courage et bonne journée Monsieur ». J’ai beaucoup pleuré mais il ne me sembla pas sentir de larmes.

Tout compte fait
Il faudrait qu’on s’occupe que des rêves
Qu’on foute la réalité dehors
Pour de bon
Comme on le fait chaque fois dans l’imaginaire
Pour qu’elle devienne ce précieux lointain
Qui fait de la sécheresse
la résistance du beau

Toucher c’est tuer l’idée pour ne tenir que la matière
C’est pourquoi j’aime tant dire que je me balade ou que j’aime les femmes
Car ce sont dans ces moments que je suis définitivement
le monde que je traverse
Et l’amour
Comme un organe.
En vérité,
Quelle vérité !?
Je ne le fais jamais
Car j’en connais déjà l’échec,
C’est pourquoi je suis ici
Dans ce carnet.

Oui,
il me semble
que dans le bleu du ciel
il y a le ciel de l’enfer

Soit le clic clac
d’un révolver braqué sur le cœur –

Comme les paysages
ont dans leurs ravins
leur fragile harmonie –

le miroir
peut chercher le rêve
à l’extrémité de lui même.

Ah qui sait ! Qu’est ce le vrai ? Qu’est ce vivre
Les mystères antiques des rois d’Atlantide
Partir dans les fonds marins de la mer Caspienne
Se noyer dans n’importe quelle étendue liquide
La mer comme tous les secrets de l’histoire, le premier sentiment
Un morceau de miel et une fleur séchée.

Ah qui sait ! Douleur
Qui n’est jamais que le cri de l’enfant naissant
De l’extérieur vers l’intime,
Poursuite de Splendeur tombée des terres interdites, qui jadis luisait
Progénitures de la mer et du vent,
l’érosion des hautes montagnes, chemins des mondes abandonnés de la sagesse, évoluant de leur gré
dans les sables chauds et secs du temps. Enfants des trois créations… Splendeur splendeur et splendeur !
Les voilà, les fêtes de lumières qui s’accouplent à l’obscurité, Harmonie des astres lovés dans le vide
Temps miraculeux et secrets des vents habité de Beauté – la grammaire des cieux
Où passe le vide
Des fin bancs de poissons phosphorescents.

Une force incompréhensible m’oblige à toujours vouloir nager et voler.