Ce moment finit toujours par venir
Je n’en peux plus de cette farce
D’écrire
D’être poète
De regarder ces poèmes sur ma page
Et d’y voir un nom

Le plus pauvre des réels

Celui que je désire par dessus tout
Puisqu’il ne contient que moi

et moi est le monde.

Ce moment finit toujours par venir
Ce qui console ne peut que donner envie de vomir.
Car il n’y a rien à consoler
Il n’y a rien à sauver
Ou pardonner
Mais tout à tuer
Tout à sauver de ce monstre
qui veut exister
qui veut vous faire pleurer
qui vous plante le couteau dans le cœur
et la chair
qui fait saigner la terre
et les fleuves
qui fait régner la nuit
pour instaurer son rêve.

Il devrait être interdit d’écrire
Car il devrait être interdit de mentir.
Surtout aux personnes qu’on aime.
Il devrait être interdit d’écrire tout particulièrement sur un forum
Car il n’y a que là nos amis.
Les personnes les plus chères et tendres
que l’on connaisse dans cette vie.

Je vous demande pardon.
Pardon à toutes les personnes
à l’intérieur de ces corps
Derrière ces écrans
Derrière cette toile
Derrière l’image.
Pas aux poètes
Pas à ces noms
Ni à ces fleurs
que l’on se laisse
pour s’aimer.
Car parfois je les déteste
Et vous, je vous aime
d’un amour infini.
Je vous serre
tous les soirs
fort contre mon âme
Et je tremble, et respire
tranquille
Toute la vie
Car je suis maintenant endormi.

Toutes les nuits d’insomnie sont les mots que l’on a voulu vainement écrire.
Tous les adieux sont notre sincérité que l’on tente de retrouver.

Ne m’en veuillez pas
Alors
Une dernière fois je vous écrit
pour vous le dire
Je vous aime
et c’est la ma seule vérité
Ma seule chose à dire
et à répéter.

Adieu
et à tout de suite
Ce soir
Au dîner
Mes tendres amis.

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Elle tremble.
La voix sait qu’elle sera l’espace
Et ses mots seront le monde.
Le même monde !
Nous ne pouvons habiter que le silence des chants.

Alors tremble !

Parce que tu ne peux en effet
que trembler en sachant.
Mais chante !

Car tu peux chanter

Et trembler et chanter
C’est faire trembler le monde.

C’est mettre au cœur du vent
La voie.

Je ne me lasse jamais de regarder le fleuve,
Ni la mer,
Ni le ciel,
Ni la terre
Noire comme le fond de tes yeux.
Je ne me lasse jamais de regarder
Quoi qu’il arrive
Cette chose continue
Et la mort
est tout ce que je reconnais. Ce n’est rien
Ce n’est que le monde,
Vivant, ou non vivant. Ce n’est que la mort
Ce n’est que la neige
Comme le sang :
de l’eau
retournant à l’eau.

à léo

ô toi qui est la pudeur claire des os
sois ce temple qu’un fleuve charrie
un soir, après tout l’amour des autres.

Tel peut être seulement le silence
Tel le sacrifice

Naturellement…

que tu ne peux plus précipiter
maintenant que tu veux l’ombre de la chose.

Hier je suis allé en forêt. Je voulais respirer un peu d’air frais et regarder sans autre intention que celle de m’émouvoir de sa majesté. Je voulais comprendre pourquoi j’avais besoin d’écrire un poème pour enfin sentir. En d’autre mot pourquoi j’avais besoin de sacrifier mon silence et mon immobilité pour recevoir ce qu’eux seuls contenaient. Oui, j’étais venu dans la forêt avec cette intention, pour voir. Voir si je me trouverais, résoudrais cette impossibilité de vivre pleinement ce que l’on a à ce moment. Et si j’ai éprouvé beaucoup de joie d’abord à n’être que l’éveil de tous mes sens, vint un moment en poussant un peu plus loin sur le chemin, le regret de ne pas avoir pris mon carnet pour écrire ces mots : « » .

mon esprit tremble
comme si le monde voulait prendre flamme et
jamais ne prend…
Par pitié

Je ne dois pas penser.
Alors

Aide moi
à saigner :
On peut encore brûler

Quand on ne saigne pas

Fais de ma chair
un monde que l’on peut déchirer
et entendre crier.