Elle tremble.
La voix sait qu’elle sera l’espace
Et ses mots seront le monde.
Le même monde !
Nous ne pouvons habiter que le silence des chants.

Alors tremble !

Parce que tu ne peux en effet
que trembler en sachant.
Mais chante !

Car tu peux chanter

Et trembler et chanter
C’est faire trembler le monde.

C’est mettre au cœur du vent
La voie.

Publicités

Je ne me lasse jamais de regarder le fleuve,
Ni la mer,
Ni le ciel,
Ni la terre
Noire comme le fond de tes yeux.
Je ne me lasse jamais de regarder
Quoi qu’il arrive
Cette chose continue
Et la mort
est tout ce que je reconnais. Ce n’est rien
Ce n’est que le monde,
Vivant, ou non vivant. Ce n’est que la mort
Ce n’est que la neige
Comme le sang :
de l’eau
retournant à l’eau.

à léo

ô toi qui est la pudeur claire des os
sois ce temple qu’un fleuve charrie
un soir, après tout l’amour des autres.

Tel peut être seulement le silence
Tel le sacrifice

Naturellement…

que tu ne peux plus précipiter
maintenant que tu veux l’ombre de la chose.

Hier je suis allé en forêt. Je voulais respirer un peu d’air frais et regarder sans autre intention que celle de m’émouvoir de sa majesté. Je voulais comprendre pourquoi j’avais besoin d’écrire un poème pour enfin sentir. En d’autre mot pourquoi j’avais besoin de sacrifier mon silence et mon immobilité pour recevoir ce qu’eux seuls contenaient. Oui, j’étais venu dans la forêt avec cette intention, pour voir. Voir si je me trouverais, résoudrais cette impossibilité de vivre pleinement ce que l’on a à ce moment. Et si j’ai éprouvé beaucoup de joie d’abord à n’être que l’éveil de tous mes sens, vint un moment en poussant un peu plus loin sur le chemin, le regret de ne pas avoir pris mon carnet pour écrire ces mots : « » .

mon esprit tremble
comme si le monde voulait prendre flamme et
jamais ne prend…
Par pitié

Je ne dois pas penser.
Alors

Aide moi
à saigner :
On peut encore brûler

Quand on ne saigne pas

Fais de ma chair
un monde que l’on peut déchirer
et entendre crier.

Pardon
Quelle joie
De vivre.
Oui…
Pardon, mille fois.
Je ne voulais plus voir
Quelque fois c’est ce qui semblait le plus naturel, le plus facile. Vraiment. Je le faisais d’instinct.
Être triste. D’une certaine façon en perdant je retrouvais la vie. C’est une vérité que tout le monde connaît
en pensant la mort comme un retour.